Peut-être

Mardi, les V. ont attendu d’être ensemble pour se connecter à la page du labo.

Victorienne avait vu un signe d’espoir dans cette petite coccinelle qui s’était posée sur sa main au cours de l’ennuyeux colloque auquel elle assistait dans l’après-midi. Sa main. A elle. Sur plus d’une centaine de personnes dans l’assistance.

On se raccroche parfois à un rien.

Dans sa tête résonnait sans cesse un « peut-être ».

 

Peut-être là
Peut-être pas
Passent les jours
Le cœur battant
Les dernières heures
Suspendus dans le temps
Peut-être là
Peut-être pas
Si fragile si petit
Installé sur la pointe des pieds
Si discret
Enfin là

 

Le taux était de 116 UI à 14 DPP (day post ponction).

Ce matin à 16 DPP il est passé à 263.

Encore une prise de sang demain pour vérifier l’évolution.

Les V. ont ri et pleuré. Victorienne, après les résultats du jour, commence à croire que peut-être, ce train les emmènera à bon port. Elle mesure leur chance, tout en sachant que le voyage est encore bien long, les périls nombreux et le bonheur fragile.

Surtout, Victorienne pense à vous. Elle vous remercie pour votre indéfectible soutien, vos pensées, vos mots doux. Ceux qui donnent le courage d’avancer et passent les bleus à l’âme.

Elle espère que le wagon se remplira au fil des jours et garde une place au chaud aux copines (pour peu qu’elle conserve la sienne bien sûr).

Et on mange quoi ce soir ?

Vous vous en souvenez peut-être, Victorienne s’était, en démarrant sa première FIV, posé tout un tas de questions sur ce qu’il lui était possible de faire, à son niveau, pour améliorer le processus.

Elle s’était notamment demandé si le contenu de son assiette pouvait jouer et avait été un peu surprise des préceptes issus du petit livre (pas rouge, non) écrit par un nutritionniste, M. Masson, et dont la lecture lui avait été recommandée par son acupuncteur préféré. Parce qu’avaler 275 g de protéines animales par jour sur deux repas, ce n’est pas trop son truc à Victorienne.

Un peu dubitative, elle avait ensuite trouvé des commentaires plus que sceptiques sur ce petit ouvrage.

A la faveur de l’été et d’un accès à une base de données scientifiques à destination des étudiants et chercheurs en sciences, Victorienne s’était donc lancée dans des recherches sur le lien entre nutrition et fertilité.

D’autant plus motivée que la qualité de ses ovocytes était en cause à la suite de la première FIV.

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Tout cela lui a pris un peu de temps et entre-temps, plusieurs articles en lien avec ce sujet ont été publiés (notamment ici) ou annoncés (ici), preuve que l’intérêt pour cette question est largement partagé. Victorienne a d’ailleurs hâte de lire le bilan de Simone sur ses changements d’alimentation, qui ne manquera pas d’être passionnant comme à l’accoutumée :).

Bref, tout cela pour dire que c’est avec un certain retard sur le timing initialement prévu qu’elle vous livre le résultat de ses investigations (merci les jours d’arrêt post-ponction qui lui ont permis de finaliser ce billet !).

Ci-dessous, des extraits un peu « bruts de décoffrage » des études trouvées par Victorienne, puis une mini-synthèse de sa compréhension…

Warning : Victorienne précise qu’elle n’est ni nutritionniste, ni gynécologue, ni rien de tout cela. Elle se contente donc dans ce billet de partager les informations auxquelles elle a eu accès.

  • Pour les filles

alimentation(…)cafeine(…)

vitamines

« La prise en charge du couple infertile, Informations à donner au couple infécond », P. Oger et alii, in Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction (2010) 39, S100–S112

antiocydnts-filles

conclu-filles

« Nutrition et infertilité féminine », A. Donnadieu et alii, in Cahiers de nutrition et de diététique (2009) 44, 33—41

  • Pour les garçons
antioxydants-garcons

« Nutrition et infertilité masculine : revue de la littérature », L. LENIAUD, R. LÉVY, Cah. Nutr. Diét., 43, 4, 2008

  •  Nutrition et fausses couches spontanées
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« Nutrition et FCS : une revue de la littérature », A. Bennamar et alii, in Gynécologie  Obstétrique  & Fertilité 40  (2012)  162–169

Par ailleurs, dans l’ouvrage collectif « Infertilité – Prise en charge globale et thérapeutique », sous la direction du Pr. Frydmann, paru en avril dernier, le chapitre dédié aux facteurs impactant la fertilité du couple mentionne comme toxiques (parmi d’autres facteurs comme le stress par exemple) : le tabac, l’alcool, le cannabis et les médicaments psychotropes.

  • Ce que Victorienne en comprend :

1 – Les toxiques sont bien identifiés (caféine, y compris celle des sodas et du thé – alcool – tabac – cannabis) et à limiter au maximum.

C’est d’ailleurs le conseil de nombreux médecins et biologistes (cf. le billet de Simone pour les recommandations plus précises qui lui ont été données).

2 – L’aspect nutritionnel joue bien un rôle dans la fertilité et ce tant au stade de la gaméto-genèse que pour le développement de l’embryon – mais ce rôle est encore mal connu / insuffisamment étudié (NB : les études trouvées par Victorienne sont assez anciennes, elle n’en a pas vues de plus récentes dans la base de données susmentionnée – à creuser sans doute côté anglo-saxon, elle avoue qu’elle a eu la flemme).

3 – Un consensus semble se dégager sur certains points (a priori valables aussi bien pour les hommes que pour les femmes), qui recoupent d’ailleurs largement les conseils nutritionnels vus / lus / entendus à la faveur d’un magazine en salle d’attente ou d’une émission radio / TV :

  • faire la part belle aux légumes ;
  • priorité aux aliments à faible charge glycémique : la plupart des fruits frais, les légumes, légumineuses, les yahourts, la patate douce, le chocolat très noir, … Pour plus de détails, cf. un petit tableau glané sur le net (il en existe d’autres) ;
  • privilégier les acides gras mono insaturés (omega 9) : huiles d’olive, de tournesol, d’arachide, avocat, différents types de noix, plutôt que :
    • des acides gras saturés (moins bons également pour le cholestérol) : graisses animales (beurre, fromage, crème, saindoux, etc.) et certaines graisses végétales (huiles de coco ou de palme) ;
    • des graisses trans, obtenues industriellement par hydrogénation (margarines notamment).

4 – Sur la question des protéines animales qui a motivé à l’origine ce billet, M. Masson semble aller un peu vite en besogne puisque les protéines végétales semblent être recommandées davantage que les protéines animales par certaines études, à condition de conserver un bon apport en vitamine B12.

Victorienne comprend qu’en réalité cette question ne fait pas l’objet d’un consensus dans le monde scientifique, mais est tout de même rassurée sur le fait que leurs apports en protéines animales, à elle et Victorien, sont suffisants même s’ils n’atteignent pas les 275 grammes quotidiens précités.

5 – D’autres points sont moins bien documentés, comme l’apport des compléments vitaminiques.

Le rôle de certains vitamines et anti-oxydants ne semble plus à démontrer (acide folique, fer, vitamine D et vitamine B12, mais aussi zinc et sélénium pour les messieurs) mais ce n’est pas le cas de tous les ingrédients des « cocktails » que les labos nous concoctent. Victorienne se dit néanmoins que ces vitamines et antioxydants ne peuvent pas faire de mal (?)…

***

Voilà en tout état de cause, semble-t-il à Victorienne, des pistes pour faire évoluer le contenu de son assiette… C’est ce qu’elle a essayé de faire depuis cet été, même si elle a bien conscience que remplacer les frites par une jolie salade composée n’est pas la recette miracle pour réussir à concevoir puis avoir un enfant !

Si elle a réussi à diminuer drastiquement sa consommation de thé (vivent les infusions !), elle a en revanche bien du mal ne pas craquer devant plein de douceurs trop sucrées. Le sucre, c’est son péché mignon (transmission maternelle, pour sûr).

Victorienne salive à la seule vue de ces photos, c’est vous dire…

La bonne résolution pour les prochains mois est donc de travailler sur ce point et d’accroître encore la part des légumes dans les plats quotidiens. En bonus, ça ne pourra que l’aider à perdre les 5 kilos pris sur un an, entre traitements PMA et maladie thyroïdienne…

Sur ces bonnes paroles, Victorienne vous souhaite une belle soirée / fin de week-end et vous embrasse.

Petit partage : Adhérer et soutenir BAMP ! — Association de patients de l’AMP et de personnes infertiles.

L’association COLLECTIF BAMP, c’est une communauté de personnes infertiles, stériles, en parcours d’AMP ou sorties du parcours avec ou sans enfant, des personnes seules ou en couple. Ce sont aussi quelques parents et amis de la cause, qui nous soutiennent. Quelques professionnels de l’AMP sont aussi adhérents de notre association. MERCI à vous tous, qui […]

via Adhérer et soutenir BAMP ! — Association de patients de l’AMP et de personnes infertiles.

Version 2.0

« Après un début difficile, les V. ont fait de sérieux progrès. Il faut néanmoins continuer à travailler pour que les résultats se consolident. Très encourageant ! »

Les V. ont sagement attendu l’appel du laboratoire.

La sonnerie a retenti à 9h35 ce matin.

Bilan : 7 ovocytes micro-injectés – ‎7 embryons à J3 dont 4 beaux et 3 un peu à la traîne.

monica

La biologiste recommande d’en transférer deux beaux, de vitrifier les deux autres beaux et de mettre les trois derniers en culture prolongée.

Victorienne lui fait confiance. En fait, elle a du mal à réaliser. Elle s’était dit que des beaux embryons, ça serait top. Pouvoir en vitrifier, c’est l’énorme cerise sur le gâteau…

Elle raccroche et dans la minute – à croire qu’ils se sont synchronisés -, petit coup de fil de Victorien, qui ne pouvait pas se libérer ce matin.

Il est aussi d’accord avec les propositions de la biologiste (quelle harmonie chez les V.). Victorienne est tout émue lorsqu’elle l’entend lui dire qu’il est vraiment très heureux (Victorien ne déroge pas à cette caractéristique fréquente chez la gent masculine et consistant à ne pas peu verbaliser).

‎Elle embarque tous ses gris-gris, programme son rendez-vous chez l’acupuncteur, avale ses cachets « petits plus pré-transfert » (spasfon + ibuprofene 200) et file le coeur en fête vers le centre.

Elle y retrouve, dans la salle d’attente, une patiente croisée dans le cabinet de Smile un matin d’écho de contrôle, manifestement en attente d’une insémination ; et la jeune femme avec laquelle elle a partagé sa chambre mardi, jour de ponction. Sourires de reconnaissance et échange mental de bonnes ondes avec la ‎première, échange verbal de voeux de succès avec les seconds. Et hop, c’est son tour.

Le transfert se passe bien. Contrairement au premier, Victorienne a droit à une échographie endo-vaginale. Elle voit donc parfaitement bien les deux bulles blanches et leur arrivée tout au fond d’elle (et se rend compte qu’en fait, elle ne voyait pas grand chose la première fois…). L’émotion est de retour.

Le gynécologue chef-de-service-du-centre-de-fertilité [clin d’oeil à Lucienne], qui s’occupe des transferts ce matin-là, blague sur l’empressement du second à rejoindre le premier et sourit : « c’est tellement mignon à cet âge-là ». Victorienne n’est pas dupe, il doit la faire souvent celle-là, mais ça ne l’empêche pas de s’attendrir…

Bref. Les cocos2.0 sont au chaud (et leurs petits frères / soeurs bien au frais). Maintenant, y’a plus qu’à !

‎Merci à tous pour le soutien. Victorienne pense à vous, où que vous en soyez.

Petit traité de ponction folliculaire à l’usage des apprenties Pmettes

Amie PMette, si tu es déjà passée par là, tu sais bien que la ponction folliculaire est LE moment que nous attendons toutes avec une extatique impatience, le feu d’artifice de tout parcours fivesque, l’apothéose des interventions endovaginales, le grand soir de nos ovaires.

Si en revanche tu n’as pas (encore) connu ce grand bonheur, le présent billet, totalement objectif et à vocation strictement pédagogique, est fait pour toi. Il te permettra de t’y préparer en toute sérénité.

1.Le concept

Commençons par un rappel des basiques.

La ponction folliculaire consiste, ni plus ni moins, à aspirer tes ovaires afin d’y récupérer les jolis ovocytes que la stimulation ovarienne (cf. chapitre précédent, dont nous présumerons que les connaissances sont, à ce stade, pleinement acquises) a pour objectif de produire, en plus ou moins grande quantité.

dyson

Hello James, may I borrow your Dyson ?

Eh oui. Quant on en arrive au stade de la FIV et sauf gertrudage : pas de ponction, pas d’embryon. CQFD.

Cette petite opération, réalisée au bloc opératoire sous anesthésie (locale ou générale – AL ou AG de leur petit nom -, on y reviendra plus tard), est totalement bénigne. On en veut pour preuve que de nombreux centres PMA ne délivrent pas d’arrêt de travail post ponction (non, non, même pas un jour ou deux, vilaine tire-au-flanc !).

Pas de quoi se faire mousser dans les dîners en ville donc, et ce d’autant moins qu’avec plus de 61000 ponctions réalisées en 2014 en France (hors ponctions pour dons d’ovocytes), il s’agit finalement d’une intervention tout ce qu’il y a de plus banal.

Ces principes de base étant rappelés, passons maintenant à l’aspect pratique de la chose.

2. Les préparatifs

2.1. La toilette

Qui dit bloc opératoire dit mesures d’hygiène pré-opératoires. L’idée étant d’éviter de choper un staphylocoque doré – ou d’en transmettre un. Les maladies nosocomiales, ça s’appelle.

Et donc, tu dois prendre des douches désinfectantes. Le plaisir de la douche, puissance dix.

D’abord, tu en a deux pour le prix d’une. Soit une chez toi, la veille au soir, et une le lendemain à l’hôpital, soit deux à l’hôpital – les pratiques varient.

Ensuite et surtout, on t’offre le savon. Et pas n’importe lequel : de la Bétadine Scrub. Pas le flacon jaune que tu connais, non, un joli flacon rouge dont tu fais joyeusement mousser le contenu soyeux et délicatement parfumé au creux de tes mains et sur chaque recoin de ta peau. De haut en bas, c’est très important. Du coup, tu sors de là propre comme un sou neuf. Pour toi que te laves les mains avec frénésie après chaque passage dans le métro (tu as raison, c’est dégueulasse le métro), c’est le rêve absolu.

douche-betadine

Il n’a pas l’air heureux le monsieur ? (et oui, tu as raison, ils sont sont trompés dans l’image, le flacon devrait bien être rouge…)

Petit bonus : si tu as un chat, il te fera des câlins toute la journée. Pas pour te réconforter après cette épreuve, non (sois lucide…), mais parce qu’il adore, et c’est bien compréhensible, le délicat parfum iodé de la Bétadine moussante.

On termine la séance d’ablutions par l’insertion d’un petit ovule de Bétadine, encore elle. Tu es assez initiée maintenant pour deviner où.

Et voilà, la toilette est terminée.

2.2. La tenue

L’étape suivante consiste à revêtir la tenue opératoire.

Cette étape est spécifiquement conçue pour renforcer les sentiments qui te lient au futur père de ton enfant (et son désir pour toi), dans la mesure où elle décuple ta féminité.

En ce début d’octobre, tu as bien sûr révisé tes classiques et d’ores et déjà intégré dans ta garde-robe les must have de l’automne-hiver 2016-2017, à savoir une cape, une doudoune et un col lavallière, sur les conseils toujours avisés de tes copines Marie-Claire et Elle.

Il manque cependant encore une pièce, pourtant basique, à ton dressing : la blouse d’hôpital.

Blanche, rose, bleue, unie ou à motifs, à pressions ou à nouettes, fermée ou ouverte, elle se décline en autant d’envies qu’il existe de PMettes. Confortable, elle n’entrave pas tes mouvements et autorise un décolleté vertigineux sur ta chute de reins (oui, si tu ne fais pas attention, le décolleté peut même descendre un peu plus bas, mais tu verras, c’est une question d’habitude) ; pur coton, elle est d’une douceur infinie pour ta peau.

blouse

Pour tous les goûts, on te dit

Les accessoires indispensables pour dynamiser ta tenue ? L’incontournable charlotte, qui remplacera avantageusement le plus joli des headbands ; et les chaussons jetables, que tu adopteras définitivement après les avoir testés (les stilettos, c’est dépassé).

Avec tout ça, toutes les PMettes te le diront, la plus grande vigilance s’impose et il te faudra contenir les ardeurs du futur papa. La semence, c’est dans un pot qu’elle doit finir. Ce serait trop dommage d’être arrivés jusque là et de tout gâcher à cause de ton élégance aphrodisiaque en tenue pré-opératoire.

3. L’opération

On passera rapidement sur le transport en chariot dans les couloirs de l’hôpital, proche de la course d’obstacles, lequel présente relativement peu d’intérêt – sauf si le brancardier est sympathique, ce qui permettra d’agrémenter un peu le trajet.

Arrivée au bloc, tu vas patienter quelques minutes dans une salle polyvalente où tu pourras suivre en direct live, en grelottant car il fait un froid de canard, le réveil des patient(e)s opérés avant toi.

C’est également là que l’on te posera le cathéter de perfusion. L’occasion de gagner tes premières lettres de noblesse de jeune ponctionnée, puisqu’avec un peu de chance, tu bénéficieras d’un traitement charcutier digne des meilleures boucheries, avec à la clé geyser carmin et stigmates violacés. Il faut néanmoins te prévenir, ce traitement reste assez rare et le plus souvent, tu n’auras rien le temps de sentir que le cathéter sera déjà posé et scotché. Ne sois pas déçue – après tout, l’important, c’est de participer.

L’équipe qui s’occupera de toi viendra également se présenter et vérifier une dizaine de fois que tu es bien Mme Infertyle, née le 10 septembre 1982 à Fivland, et que tu as bien fait ta piqûre d’Ovitrelle ou équivalent trente-six heures plus tôt.

*

Prends une grande respiration et concentre-toi : à partir de maintenant, on entre, enfin, dans le vif du sujet.

Rappelle-toi : à cause d’une pomme croquée en désobéissance aux consignes divines, le Dieu des chrétiens a dit à la femme : « J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur (…) » (Genèse, chapitre 3, verset 16).

Pour les PMettes, c’est insuffisant. Si tu ne le sais pas encore, on est un peu masochistes. Et donc, on applique ce précepte également à la conception.

A ce stade, deux options sont envisageables pour la suite des réjouissances.

3.1. Sous anesthésie générale

L’AG est proposée dans la plupart des centres. Du coup, de l’opération, tu ne vois que la préparation.

C’est-à-dire : transfert du brancard sur la table d’opération, positionnement adéquat du bassin (tout au bord de la table, comme chez ton gynécologue, on ne perd pas les bonnes habitudes), écartage de cuisses (idem). Petite nouveauté, tes jambes seront sanglées dans les étriers. Oui, tout à fait. Sanglées. Pour éviter les mouvements incontrôlés.

Puis on t’injectera via ton cathéter admirablement posé une substance magique, ta tête tournera un peu et hop, tu fileras, telle la Belle au Bois dormant, retrouver Morphée avant de te réveiller, une vingtaine de minutes plus tard, dans la salle polyvalente susmentionnée.

belle-au-bois

En vrai, y’a pas de prince en salle de réveil.

3.2. Sous anesthésie locale

Si tu as envie de satisfaire ta curiosité et te mettre un peu à l’épreuve, tu peux opter dans la plupart des cas pour l’anesthésie locale.

En plus des étapes précédemment décrites, tu expérimenteras la toilette vaginale, summum de l’intimité puisque le gynécologue va nettoyer ton dedans de toi avec des compresses bétadinées. Etant donné que tu as depuis bien longtemps fait le deuil de ta pudeur, cela ne te gênera pas plus que ça. C’est juste un peu froid.

Puis le médecin t’expliquera ce qu’il va faire : piqûres anesthésiques vaginales, introduction de la sonde vaginale sur laquelle est fixée l’aiguille de ponction, ponction. Comme tu es déjà bien renseignée, tu n’apprends rien de nouveau. Par contre, tu découvres avec intérêt les outils susmentionnés. Surtout l’aiguille de ponction. Comme tu es un peu shootée par le tranquillisant qu’on t’a administré un peu plus tôt, tu ne te poses pas trop de questions sur sa longueur ni son diamètre. De toutes façons, c’est à prendre ou à laisser.

A partir de ce point, les expériences divergent. Beaucoup de paramètres sont susceptibles de jouer : ta sensibilité à la douleur, le positionnement de tes ovaires, le médecin ponctionneur, etc.

Pour certaines, le jeu n’en vaut pas la chandelle puisqu’elles n’ont rien senti au cours des 5 minutes top chrono de l’opération. Même pas drôle.

Pour d’autres, l’expérience est plus productive : elles ont le temps de mettre à profit leurs séances d’hypnose, de gestion de la douleur et de respiration yogique, à chaque passage fulgurant de l’aiguille (et si tu as plus de 5 follicules à ponctionner, cela fait pas mal de passages). Et apprécient à sa juste valeur le sanglage de leurs gambettes.

seringue

En vrai, elle est quand même moins grosse.

Bonus : toute l’équipe les encourage et les félicite. Comme dans les films quand la madame accouche et que le médecin lui dit « c’est bien madame, poussez, bravo continuez comme ça il arrive ». Du coup, tu peux voir ça comme une préparation à ton futur accouchement.

Une fois que tout a été ponctionné, on te ramène, blafarde mais bravache, dans la salle polyvalente.

4. Les résultats

C’est la dernière étape. Selon les centres :

  • on te donne les résultats en direct, pendant la ponction (si le biologiste est également présent) ;
  • on prolonge un peu le plaisir et tu attends (mais ça tu es habituée) le magic number de retour dans ta chambre.

Après tant d’émotions, tu peux en général repartir assez vite chez toi.

Deux étapes supplémentaires si tu as choisi l’AG: il te faudra te sustenter, la qualité du plateau-repas variant selon ta performance (mais naaaaaan, c’est une blague ! La qualité varie seulement en fonction des centres…) et attendre la signature du médecin autorisant ta sortie.

Voilà, tu sais maintenant tout sur la ponction folliculaire…

La suite au prochain chapitre !

***

Pour celles et ceux qui sont parvenus à arriver jusqu’ici, tout s’est bien passé hier pour la ponction de Victorienne. Elle a choisi l’AG cette fois-ci, petite joueuse, et n’a pas regretté son choix. L’équipe du bloc a été adorable. Comme elle était frigorifiée, elle a découvert le chauffage individuel (une sorte de matelas gonflable souple qu’on lui a posé sur le ventre et dans lequel on injecte de l’air chaud – le bonheur).

Pas de douleurs post-ponction, à peine quelques tiraillements.

Magic number : 8. Un de plus qu’en juillet alors que Victorienne s’attendait à avoir moins d’ovocytes avec le Menopur. Contente donc, et Victorien aussi.

Ils attendent maintenant l’appel du labo, pour savoir si et combien il y a d’embryons et si la qualité est au rendez-vous, cette fois.

Victorienne vous embrasse bien et pense à vous toutes et tous, avec une pensée spéciale pour celles qui ont malheureusement appris de mauvaises nouvelles.

Le film du samedi soir

Cela faisait longtemps que ‎les V. ne s’étaient rendus dans les salles obscures.

Cela faisait longtemps que Victorienne ‎n’avait été autant transportée par un film.

L’histoire d’un père et sa fille, ou d’une fille et son père, selon l’angle que l’on préfère, le temps de quelques jours, à Bucarest. Cette histoire-là, faite d’amour, de deuil, d’incompréhension, ‎de tendresse, de colère, de complicité, d’interrogations, de distance, de solitude, d’amour encore, a emporté Victorienne. Beaucoup de finesse, des acteurs très justes. ‎Un sacré jeu d’équilibriste entre rire et larmes du début à la fin, sans jamais de niaiserie.

Et puis, ce qui a touché Victorienne en plein coeur, le questionnement sur le bonheur et le sens de la vie. Elle vous laisse découvrir le début de réponse soufflé par le personnage du papa… qui l’a émue aux larmes en fin de film.

Victorienne ne vous en dit pas plus, il ne faut pas gâcher le plaisir et la découverte, mais elle vous recommande plus que chaudement Toni Erdmann.

***

vittel

Spéciale dédicace

Côté PMA, passage à l’action : Ovitrelle ce soir, ponction mardi. La stimulation s’est a priori bien passée, d’après les échographistes. Victorienne reste prudente et espère surtout que la qualité sera au rendez-vous.

Elle vous embrasse et vous laisse pour aller préparer le festin du soir : spaghettis alla vongole ;).

Sous le signe de septembre

Déjà un mois que Victorienne est rentrée de ‎vacances. Elle a l’impression que cela fait une éternité, tant septembre a été riche. Petit récap’ (non exhaustif).

Une démission.

Deux week-ends ‎en goguette, loin de la capitale. Sous le soleil. Avec les copains. Bien remplis. Fatiguants mais tellement agréables, malgré les incontournables pincements au cœur liés à la nulliparité.

Trois cours d’aquabike. Histoire de commencer à perdre les 5-6 kilos pris en un an. Plusieurs amies lui ont vanté les mérites ‎du pédalage aquatique et de son efficacité. Victorienne a cédé. Les copines ont raison alors Victorienne va continuer, mais elle préfère quand même le yoga, elle trouve ça plus intéressant…

Quatre écoutes de la piste 2 de l’accompagnateur à la FIV.‎ Nouveauté de cette FIV2 (Victorienne essaie de se renouveler), la lumière dorée a fait son entrée dans sa vie. Un peu déconcertant au début mais rapidement addictif !

Huit injections de Menopur. La stimulation FIV2 a été finalement lancée, après quelques frayeurs administratives et un J1 tardif. Victorienne a presque cru que DN lui avait fait un joli cadeau de rentrée.‎ Naïve, parfois, Victorienne.

‎Après une semaine, bonne maîtrise des manœuvres techniques (même quand le chat décide que c’est rigolo de shooter dans l’ampoule de solvant – ben ouais, ça brille et ça cliquette quand ça roule…). Mais quand même, le Gonal, c’est plus pratique !

Quinze épisodes de Narcos. ‎Les V. se sont laissés prendre au piège. Ils avaient dit : « plus de séries ». Ça prend trop de temps, quand on n’en a déjà pas beaucoup… Mais voilà, un soir, on craque, on a envie d’essayer, et bien sûr le premier épisode vous prend complètement, et bien sûr vous vous enfilez la suite soir après soir sans pouvoir vous arrêter… Bref, Narcos, c’est une chouette série – bien que très noire.

Vingt-huit sachets de vitamines (bon, OK, en vrai, Victorienne a commencé en juillet). Autre nouveauté pour cette FIV2, afin d’améliorer la qualité des ovocytes qui avait fait un peu défaut pendant la 1ère. Prix d’or pour la poudre magique… Mais Victorienne n’a pas vraiment le choix de la marque car ses soucis de thyroïde lui imposent de prendre un combo sans iode (évidemment, le plus cher).

Mille cent soixante et onze. Le taux de ses anti-corps anti-thyroglobuline, dix fois au-dessus de la norme. Victorienne comprend mieux pourquoi elle se sentait fatiguée. Genre, crevée, vannée, épuisée, rompue. ‎Le problème, c’est qu’avec tous les machins qu’elle s’enfile – pilules, cachets, ampoules, etc. – et avec sa putain de thyroïde, Victorienne a perdu tous ses repères. Elle ne sait plus ce que c’est, une fatigue normale. Donc, elle trouvait ça bizarre mais ne se posait pas trop de questions. Mettait ça sur le compte de la rentrée ou du Provamès. Elle a compris que c’était anormal quand les résultats des examens sanguins prescrits par Hope sont revenus. Merci Hope.

Un petit coup de fil à l’endocrinologue et un contrôle de la TSH plus tard,‎ le verdict est : sans doute un dérèglement lié au traitement pour la maladie de Basedow, du coup arrêt du traitement puisque tous les autres paramètres sont revenus dans les normes. Et puis confirmation du terrain auto-immun de Victorienne (ce qui peut, peut-être, gêner un peu une accroche – ben voyons).

Heureusement, tous les autres tests sanguins prescrits par Hope sont revenus négatifs. Pas de lupus ni de polyarthrite rhumatoïde en vue. Ouf.

***
En tous cas, le moral est bon. Tout se passe bien jusqu’à présent, les quelques effets secondaires restent gérables. Victorienne est en mode « qui vivra, verra ». Avec une bonne dose d’espoir.
Le contrôle de demain matin devrait permettre de savoir quand aura lieu la ponction.
Victorienne vous embrasse. Elle file… voir un épisode de Narcos avec Victorien, sous le regard attentif du chat bien sûr.

Comment le dire ?

[Victorienne préfère lever toute ambigüité dès à présent : non, point d’annonce de gertrudagedans ce billet, malgré son titre…]

Cinq ans déjà. Et à présent c’est fini. Comment le dire ?

C’est si long et c’est passé si vite.

Ça n’a jamais été facile. Encore moins au début, bien sûr. Il a fallu trouver ses marques, apprendre les habitudes, les manies, les règles.

Regagner confiance, aussi et surtout, après le traumatisme d’avant. Avant n’avait pourtant duré qu’un an. Un an suffisant pour la mettre à terre, lui faire perdre ses moyens, instiller un doute permanent, provoquer des montées de panique brutales et totalement hors de contrôle. ‎Quand le téléphone sonnait. Le dimanche après-midi, à la pensée qu’il fallait y retourner le lendemain. Quand un mail arrivait, avec un nouveau dossier.

Elle s’était enfuie, cliques et claques. Avait candidaté ailleurs – plus petit, plus humain. Avait eu le choix – 3 offres sur la table. Avait choisi en fonction de l’équipe. Le contact, le ressenti, le discours sur l’équilibre vie professionnelle / vie familiale, sur la formation aussi.

Petit à petit, avec une lenteur infinie, la confiance est revenue. ‎Elle a réappris à travailler sans la crainte d’un coup bas, des malveillances, du dénigrement. En étant correctement encadrée, formée, et pas lâchée dans la nature.

Elle a créé des liens avec ses collègues et ses associés. Des liens parfois forts, de vraies amitiés.

Sa co-bureau connaît tout de sa vie – et réciproquement, du petit qui n’aime plus la purée de carottes aux piqûres de Gonal, des cauchemars bizarres de la dernière nuit aux engueulades familiales, de la recette de cuisine testée la veille aux techniques anti-cellulite de chacune.

Et dans l’équipe, chacun est là pour les autres en cas de coup dur. Serrage de coude plutôt que tirage dans les pattes. Quand on est ensemble plus de 12 heures par jour, c’est appréciable.

Pendant ces cinq années, ensemble, ils ont beaucoup ri, partagé, évacué la pression des clients et des associés, parfois si lourde et si inutile. Ils sont allés boire des verres, quand ils ne sortaient pas trop tard. Ils ont chanté, ils ont dansé. Ils ont pleuré aussi – la tragédie, la barbarie s’invitent partout, même au boulot.

Elle a beaucoup travaillé. Sans compter ses heures, ses soirées, ses week-ends.

La fatigue est devenue chronique. ‎Le stress ne s’est jamais complètement envolé. La motivation a fondu. Les soucis de thyroïde et la PMA n’ont étonnamment rien arrangé…

Les associés ont manifesté leur contentement. Ils lui ont fait savoir qu’ils comptaient sur elle pour l’avenir.

Mais une petite voix a commencé à chanter sa petite chanson : à quoi ça sert ? Au bout d’un moment, la petite voix s’est faite lancinante, posant avec insistance la question du sens, de l’envie, de l’accomplissement.

Elle s’est dit que bien sûr, elle pourrait rester là, encore et encore. Continuer à travailler sur des dossiers à fort enjeu, stimulants intellectuellement. Bien gagner sa vie. Ne pas se mettre en risque, rester dans sa zone de confort.

Malgré tout, elle a réalisé qu’elle ne se sentait pas à sa place. Qu’au fil du temps, les inconvénients du métier lui étaient devenus tout simplement insupportables. Que les projets extra-professionnels qu’elle avait montés pour tenir, plus en accord avec ses valeurs, ne suffisaient plus.

Alors elle s’est donné un objectif temporel. Avec à la clé, un projet de déménagement à deux… ou peut-être trois. Gagner en qualité de vie. Quitter Paris, qu’elle a tant aimée et où ils ont été si heureux, avant de fatiguer. Cap à l’ouest.

Avec l’espoir que peut-être, avant que cette ligne d’horizon ne se rapproche, l’enfant serait arrivé.

L’enfant n’est pas arrivé. Pourtant, il faut bien avancer.

Alors, comment le dire ? Elle a longtemps réfléchi, cherché la bonne tournure de phrase, préparé.

Ce vendredi de début septembre, face à ses associés, ce sont des mots simples qui lui sont finalement venus.

« Je voulais vous dire que je vais m’en aller« .

Aussi simple que ça. Un grand saut dans le vide. Sans plan B, sans filet de sauvetage.

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Vert comme espoir

Victorienne ne porte jamais de vert. Beaucoup trop difficile, pas flatteur pour son teint clair.

En revanche, la robe émeraude que portait le Dr Hope hier lui allait à ravir. Et quel symbole…

Victorienne avait pris le rendez-vous chez Hope en juin, pendant le traitement de la FIV1.

Après vous avoir lues, qui êtes passées en éclaireuses.

« Juste au cas où ».

En se disant, un deuxième avis ne peut pas faire de mal.

V. et V. n’ont pas eu à annuler ce rendez-vous, malgré la furieuse envie qu’ils auraient eue d’exploser le pronostic du 75% d’échecs.

ACROBATES -

L’équilibre en PMA, un exercice difficile…  (ACROBATES – de Stéphane Ricordel et Olivier Meyrou – Photo : Christophe Raynaud De Lage/WikiSpectacle)

C’est donc avec une pensée pour vous et une certaine appréhension qu’à l’heure dite, ‎Victorienne rejoint Victorien, pose son sac ainsi que leurs dossiers dans l’antichambre et complète les informations de base pour le dossier de Hope.

La sommité qui partage les lieux avec Hope sort de son bureau avec un couple et repart avec une autre patiente, sans manque de saluer V. et V.. Victorienne en est tout émue.

Remise du dossier à la secrétaire, passage en salle d’attente. RAS, seules une maman et sa fille attendent leur tour. Après quelques minutes, Hope aka Dieu aka Miracle fait son apparition. La lumière dorée n’est pas loin…

Grand sourire, serrage de mains, installation. Au mur de droite, deux peintures (dessins ? aquarelles ?…). Avec de grands ovoïdes noirs qui ne manquent pas de faire penser Victorienne à des follicules vus à l’écho. Seul élément de déco qu’elle a le temps de noter, car Hope entre dans le vif du sujet. Et ça dépote. Alors, Victorienne se concentre.

D’abord les questions d’usage (combien de temps les essais ? jamais enceinte ? fumeurs ? suivis où, par qui ?…).

Puis la question qui prend de court : et alors, qui vous envoie ? Réponse : Euh… la blogosphère ! Regard interloqué : la blogosphère ? Ah, Internet ! Éclat de rire.

Enfin, l’examen des examens. Tout y passe, Victorienne se félicite d’avoir trié le dossier et tout mis en classeur. Les questions plus précises fusent :

Du coup Madame vous on ne vous a jamais prescrit de caryotype ?

Et vous Monsieur pas de test de décondensation ?

Et votre AMH un peu basse, ça n’a pas suscité de questions ?

Et pendant les rapports, pas de douleurs ? Même tout au fond, pendant les pénétrations profondes ?… (à ce moment précis, Victorienne réalise que même si elle n’est plus une bleue de la PMA, il y a quand même des choses auxquelles elle ne s’habituera jamais. En écrivant, elle réalise par ailleurs que cette question risque de modifier quelque peu le lectorat de ce blog…)

Bref. Lorsque, 45 minutes plus tard, les V. sortent de là, ils ont toute une batterie d’examens complémentaires à réaliser.

Pour Victorien :

– la fameuse écho des baloches, chez un spécialiste bien particulier. « Vous comprenez, j’ai régulièrement des surprises, donc on va revérifier » ;

‎- des dosages hormonaux, jamais réalisés jusqu’alors ;

– plus classiquement, un spermogramme. Avec test de fragmentation et condensation / décondensation. La décondensation n’avait pas été pratiquée jusqu’alors et le reste permettra de vérifier si le Proxeed a fait effet…  ‎Petite prescription complémentaire : éjaculation tous les 2-3 jours. Oui oui, ça permet de diminuer la fragmentation. Avis aux concernés !

Pour Victorienne :

– la fameuse IRM pelvienne. Histoire de vérifier à 200% que Victorienne n’a pas ‎d’endométriose. Pour mémoire, c’est par crainte d’en avoir, compte tenu du terrain familial (et malgré la quasi-absence de symptômes), que Victorienne est allée consulter sa gynécologue après 9 mois d’essais, début 2015. C’est aussi ce qu’elle a répété à Smile en juillet 2015 puis avant la 1ere FIV. Smile lui avait répondu que l’IRM n’était pas nécessaire car il voyait à l’échographie que ses ovaires étaient parfaits et qu’il n’y avait par ailleurs pas de traces d’adénomyose. Victorienne espère fort que l’IRM confirmera tout cela…

– la fameuse hystéroscopie diagnostique pour ‎vérifier l’état du dedans de Victorienne (polypes, adhérences et autres joyeusetés) ;

– un examen sanguin poussé pour vérifier ‎l’absence d’autres anticorps. « Vous avez une maladie de Basedow, c’est une maladie auto-immune, alors je voudrais être sûre qu’il n’y a pas d’autres éléments auto-immuns » ;

– une écho à J3 avec décompte des follicules et le même jour, un bilan sanguin hormonologique + AMH. Histoire d’actualiser celui fait en… mars 2015. Et de comprendre peut-être un peu mieux la discordance AMH faible / nombre de follicules élevé ;

– un caryotype. Pour être sûrs que pas de soucis d’origine génétique.

En marchant main dans la main avec Victorien sous le soleil, à la recherche d’un endroit sympathique où déjeuner, Victorienne était en proie à des sentiments contradictoires, parmi lesquels dominait un vrai malaise. Elle a compris seulement plus tard dans l’après-midi que ce malaise était en réalité une belle angoisse. Parce qu’avec tout ça, elle craint fort que cette FIV2, malgré le changement de traitement, ne soit qu’un coup d’épée dans l’eau…

Jusqu’ici Victorienne a fait confiance à leur équipe. Elle avait l’impression d’être plutôt correctement prise en charge même si elle se posait parfois des questions. Hier, en faisant le bilan de ce rendez-vous avec Victorien, elle s’est rendu compte que tous ces nouveaux examens la stressent.

Parce que même si elle s’attendait à un certain nombre de ces prescriptions, compte tenu de ce qui a été prescrit aux éclaireuses, ce qu’elle comprend, c’est que Hope confirme que peut-être, finalement, le label « OATS » identifié jusqu’alors comme cause n°1 de leur infertilité n’est pas le bon.  Et que peut-être, l’on va découvrir d’autres éléments d’explication.

Parce que, dans les sujets dont on ne leur a jamais parlé jusqu’ici, il y a le fait que sa trompe droite n’est pas parfaite (le « minime phimosis du pavillon » mentionné dans le compte-rendu de l’hystérosalpingographie n’avait jusqu’alors fait tiquer personne). Ou cette AMH un peu basse n’ayant inquiété ni Smile, ni le médecin acupuncteur spécialisé PMA qui avaient tous deux rassuré Victorienne sur ce point.

Victorienne a bien conscience que, si ces examens permettent d’identifier un ou des souci(s), ce sera une avancée vers de vraies solutions. Et puis Hope lui a bien plu, ainsi qu’à Victorien. Efficace, directe, compréhensive. Rien à redire.

Pour autant… elle ne peut s’empêcher d’être déstabilisée. De (se) remettre en cause.

De craindre que cette FIV2 n’ait, finalement, été lancée trop tôt…

D’autres blogs

Victorienne, elle est un peu touche-à-tout.

Elle adore lire (petite, elle dévorait les bouquins. Elle se souvient encore du désespoir qu’elle a ressenti le jour où elle a calculé qu’il lui faudrait plus de 10 vies pour lire tous les livres de la bibliothèque municipale de sa ville. Maintenant, elle a moins de temps…).

Elle adore cuisiner, des plats d’ici et d’ailleurs, pour découvrir de nouvelles saveurs, faire plaisir et se faire plaisir. Elle se passionne pour les enjeux liés à une agriculture et une alimentation durables (à tel point qu’elle a créé, avec d’autres, plusieurs circuits courts producteurs / consommateurs, dont un qu’elle continue à animer bénévolement).

Elle s’intéresse à la photo, à la musique, à la (géo)politique.

Elle aime bien créer des choses avec ses dix doigts, elle a appris à coudre, elle a planté plein de fleurs dans ses balconnières, elle aime bricoler (bon, dans un 50m2 parisien, c’est quand même pas très pratique).

Et bien sûr les voyages, les séries et les films (comme tout le monde, non ?).

Tout ça n’a rien à voir avec la PMA et tant mieux. Ça lui permet de se changer les idées, de prendre du recul, quand elle en a besoin.

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Bref, cette longue introduction pour dire que Victorienne a eu envie, pour une fois,‎ de parler d’autre chose que de piqûres, traitements, embryons, bébés, et de partager avec vous, si vous ne les connaissez pas, d’autres blogs qu’elle lit et aime.

Histoire de vous changer les idées aussi, si le cœur vous en dit…

Pour sourire

Aller regarder les dessins de Mathou sur Crayon d’humeur en arrivant au boulot, c’est l’assurance d’une petite bulle d’énergie et de joie. Parfait pour bien commencer la journée. Pleins de peps et de tendresse, ces dessins-là font du bien au moral. ‎La dessinatrice croque des instants de vie, avec humour, douceur et plein de couleurs.

NB : Mathou est une jeune maman et évoque donc régulièrement ‎dans ses dessins la relation mère / fille ou parents / enfants. C’est toujours joliment fait mais comme parfois en PMA, ce n’est pas évident de se confronter à la parentalité, Victorienne préfère avertir…

Pour réfléchir / découvrir / apprendre / cuisiner

Deux chouettes blogs que Victorienne va ranger sous un label réducteur mais pas faux : écolo : Antigone XXI et Echos Verts.

Dans les deux cas, les auteures partagent leurs réflexions, recettes, astuces, interrogations aussi. En particulier, mais pas que, sur le « bien-être de la planète et de ses habitants », comme le dit l’une d’entre elles, ‎et les moyens dont nous disposons pour, à notre échelle, essayer de faire changer les choses. Toujours dans un état d’esprit positif, ce qui plaît bien à Victorienne. Et de manière documentée, argumentée.

Ces blogs-là font avancer Victorienne, chacun à leur façon.

Echos verts adopte un parti pris très « pratique », avec ses Eco-défis notamment, qui permettent à ceux qui le souhaitent d’essayer de changer leurs habitudes sur une thématique donnée. Il met en avant des solutions et de jolies initiatives.

Ophélie, sur Antigone XXI, propose quant à elle plein de recettes veganes mais aussi, au gré de son inspiration,ses « Revues du monde », ses impressions sur un livre ou un film qu’elle a aimé, des réflexions au hasard… Très inspirant.

Pour lire et découvrir de nouveaux auteurs

Des blogs littéraires, il y en a plein, pour tous les styles de lecteurs et tous les genres d’auteurs.

Victorienne apprécie plus particulièrement celui de L’insatiable Charlotte.

Tourné principalement vers la littérature francophone, on y découvre de jeunes (et moins jeunes) auteurs, pas forcément très connus du grand public. Les critiques de Charlotte, tout en finesse, donnent très souvent envie à Victorienne de courir dans sa librairie préférée, ou à la bibliothèque.

A la clé, Charlotte publie des interviews des auteurs qu’elle apprécie. Derrière un nom, on découvre alors tout un univers, des envies, une histoire, une personnalité. ‎Une autre dimension à la lecture !

Bref, un blog riche et vivant, dont Victorienne ne se lasse pas.

Pour sortir dîner

Découvert grâce à sa super co-bureau‎, les Pieds dans le plat, le blog de Gilles Pudlowski, bien écrit et agréable à lire, donne d’avisés conseils gastronomiques (et ça c’est trèèèèèèèèèèès important pour Victorienne). Pour tous les goûts et pour toutes les bourses.

Des jolies photos, des descriptions savoureuses. On en a l’eau à la bouche. Que demander de plus ?

Bien sûr beaucoup d’adresses à Paris. Mais pas que, vraiment pas que ! Allez y faire un tour, vous verrez…

***

Voilà voilà, une petite sélection, subjective et non exhaustive… Victorienne se dit que, peut-être, cela donnera envie à certain(e)s de partager également leurs coups de cœur, qui sait ?

(oui, ceci est clairement une invitation… Victorienne aime bien découvrir de nouvelles choses !!)

Et en bonus (Victorienne est décidément très en forme aujourd’hui), une petite photo de ce qui se présente à ses yeux tous les jours en ce moment sur le trajet métro – boulot :

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C’est-y pas beau ça ?

Allez, Victorienne vous embrasse !